Le passé est un produit à la mode. On le vérifie sur de mutiples plans: financiers, affectifs, culturels ou idéologiques. Jamais on n'a autant cherché à le raconter, à rêver sur son compte, à le comprendre à le conserver, à le restaurer, à l'exposer dans des musées, mais aussi à le recomposer et à le réecrire. Bref: à le manipuler, consciemment ou non. Celui qui connaît le passé et qui sait le présenter à ses contemporains détient évidemment une clé privilégiée pour influencer leur imaginaire.
On se méfie en effet du présent, des discours politiques, des débats, trop actuels, qu'on sait codés et truffés de chausse-trapes idéologiques. On se défie moins du passé. A tort , car ce sont bien des hommes d'aujourd'hui-- amateurs, professionnels, mais aussi hommes politiques, dictateurs et iédologues-- qui exhument le passé. Ou plutôt "un" passé.
L'histoire, la préhistoire, malgré leurs prétentions régulièrement affichées, ne seront jamais, par une tare congénitale, des sciences excates. Le passé, on le répète assez, nous sert peut-être parfois à comprendre le présent, mais l'inverse est à coup sûr encore bien plus vrai.
Ceci est la passion du passé.